"Le voyage de Lila" format C-190 ou pleine matrice

rappa

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"Le voyage de Lila" format C-190 ou pleine matrice

Message » mar. 3 juil. 2018 - 22:07

Bonjour,
on en parlait il y a quelques semaines sur le forum: le format C.
Format que j'ai découvert à l'occasion de cette conversation avec vous. Pas que j'ai des années d'expérience, mais j'avais été surpris et je ne m'attendais pas à diffuser un contenu en C de sitôt. Jusqu'à ce que je fasse mes playlists de la semaine tout à l'heure et que je découvre le format du DCP "Le voyage de Lila" C-190 donc avec une image de 2048*1080 là où le FLAT affiche 1998*1080.
Je vais le diffuser en flat, et donc perdre 50 point par ligne (c'est pas la mort), car je n'ai pas de macros C, je n'en ai d'ailleurs jamais vu dans les cabines que j'ai fréquenté.
Comment l'avez-vous diffusé dans vos salles ?

MOSS

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Message » mar. 3 juil. 2018 - 22:29

Perso, je n'ai pas projeté ce film. Mais à la faveur d'un festival, j'ai vu passer mes premiers courts-métrages en véritable 1,90 dès 2011! Avant d'avoir un projo numérique in situ. Du coup, j'ai demandé à l'installateur - à sa grande surprise - de me laisser quelques "mémoires" avec une macro plein cadre, pour le 1,90 mais aussi pour les formats spéciaux (souvent les courts un peu faits maison, où l'on trouve "du 4/3 dans du 16/9" des fois (!!!) et pour lesquels je mémorise des position rezoomées et shiftées au mieux (hélas sans refaire le masking, c'est pas supra simple sur mon modèle. Mais ça passe.) Ça sert toujours: On peut aussi avoir à resserrer le cadre d'un film en scope dont les ST sont dans la matrice noire, en dehors de l'image par exemple. Si tu ne veux pas envoyer l'image en flat dans ton écran scope, faire une macro un peu adaptée fait un rendu plus flatteur...
Avant ça, je pensais que le 1,90 n'était pas utilisé et que ça permettait une marge de quelques colonnes de pixels pour masquer le trapèze du 1,85. Mais remplir tout le capteur plaît à certains réals! :mrgreen:
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème!

rappa

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Message » jeu. 5 juil. 2018 - 10:23

Merci pour ta réponsee MOSS
MOSS a écrit :Perso, je n'ai pas projeté ce film. Mais à la faveur d'un festival, j'ai vu passer mes premiers courts-métrages en véritable 1,90 dès 2011! Avant d'avoir un projo numérique in situ. Du coup, j'ai demandé à l'installateur - à sa grande surprise - de me laisser quelques "mémoires" avec une macro plein cadre, pour le 1,90 mais aussi pour les formats spéciaux (souvent les courts un peu faits maison, où l'on trouve "du 4/3 dans du 16/9" des fois (!!!) et pour lesquels je mémorise des position rezoomées et shiftées au mieux (hélas sans refaire le masking, c'est pas supra simple sur mon modèle. Mais ça passe.) Ça sert toujours: On peut aussi avoir à resserrer le cadre d'un film en scope dont les ST sont dans la matrice noire, en dehors de l'image par exemple. Si tu ne veux pas envoyer l'image en flat dans ton écran scope, faire une macro un peu adaptée fait un rendu plus flatteur...
Avant ça, je pensais que le 1,90 n'était pas utilisé et que ça permettait une marge de quelques colonnes de pixels pour masquer le trapèze du 1,85. Mais remplir tout le capteur plaît à certains réals! :mrgreen:

On appelle pas ça "la jurisprudence de l'île aux chiens" ? :D
Blague à part, je pense que ça va causer format avec mon installateur la prochaine fois que je le croiserai.

MOSS

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Message » jeu. 5 juil. 2018 - 13:14

Jurisprudence, je ne sais pas: Il y a je trouve, pire que l'Ile Aux Chiens, qui quoi qu'on en pense justifie artistiquement sa position et prévient les salles. Vu en festival aussi un film qui a gravé ses sous-titres dans la matrice noire sans rien en annoncer. Du coup, tu fais tes petits tests avant la séance, genre 20 minutes avant l'entrée du public, (merci les KDM qui ne te laisse pas le temps de te retourner en cas de gros pépins), tu passes le film en scope comme indiqué, et tu vois zéro sous-titre. Tu as le temps de t'inquiéter et de faire un paquet d'hypothèses avant tout simplement d'avoir l'idée de passer le film en flat... :D
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème!

Coeur Noir

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Message » jeu. 5 juil. 2018 - 17:58

hi, hi… ouep Moss. Ça vient aussi du fait que finalement plein de gens créent des films pas pour la salle de ciné, et se fichent complètement des contraintes « cinéma d'exploitation ».

Ajoute à cela que certains pros du cinéma estiment que cadrer en 2.12 ou 1.69-et-demi relève de leur liberté artistique inaliénable, et on se retrouve avec 87 formats dans nos projos, just in case

[edit] et avant qu'on vienne me reprocher de dire tout et son contraire : je suis « pour » cette liberté inaliénable, j'aimerais juste que les choix techniques pertinents soient faits en conséquence en amont, pour que toutes les salles puissent honorer cette liberté sans difficulté.
Modifié en dernier par Coeur Noir le ven. 6 juil. 2018 - 15:39, modifié 1 fois.

hortson

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 14:03

Salut à vous lire je maintiens que toutes ces nouvelles technologies informatiques, numériques et autres, ce n'est que de la M.... destinée à faire gagner du fric à certaines entreprises (capitalisme libéral) le reste, les emplois qui disparaissent, les spectateurs lésés dont le ticket d'entrée augmente alors que la qualité du spectacle diminue, les projections dont la qualité pose question, tout cela n'intéresse pas ces gens dont le seul but est de faire plus de fric car le numérique revient certainement moins cher que l'argentique donc plus profitable. Le cinéma va devenir l'apanage de quelques grands groupes au détriment des petits exploitants (mono écran, voir deux salles) comme la grande distribution a fait quasiment disparaitre le petit commerce de quartier ou de centre ville. Le numérique devait permettre la distribution de tous les films rapidement quelque soit la taille du cinéma. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Coeur Noir

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 15:45

hortson a écrit :Le numérique devait permettre la distribution de tous les films rapidement quelque soit la taille du cinéma. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Bah justement parce que les distributeurs et les régulateurs ne prennent pas du tout la mesure du numérique et de la dématérialisation, on continue de traiter les copies DCP comme si c'était des quantités finies… En continuant de penser comme au temps du 35mm, on renforce les positions des « plus gros » et le souci c'est que « les petits » qui accusent le numérique de tous les torts font le jeu de leur concurrent, qui eux restent bien silencieux et profitent…

Victoria5

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 16:21

En même temps ça n'aurait pas de sens de proposer partout le même film, non ?
Donc les "gros films" vont en priorité dans les multiplexes…

rappa

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 16:44

hortson a écrit :Salut à vous lire je maintiens que toutes ces nouvelles technologies informatiques, numériques et autres, ce n'est que de la M.... destinée à faire gagner du fric à certaines entreprises (capitalisme libéral) le reste, les emplois qui disparaissent, les spectateurs lésés dont le ticket d'entrée augmente alors que la qualité du spectacle diminue, les projections dont la qualité pose question, tout cela n'intéresse pas ces gens dont le seul but est de faire plus de fric car le numérique revient certainement moins cher que l'argentique donc plus profitable. Le cinéma va devenir l'apanage de quelques grands groupes au détriment des petits exploitants (mono écran, voir deux salles) comme la grande distribution a fait quasiment disparaitre le petit commerce de quartier ou de centre ville. Le numérique devait permettre la distribution de tous les films rapidement quelque soit la taille du cinéma. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Eh ben dis-donc, on est pas loin du mode rage.
Je suis pas d'accord avec tout, c'est le moins qu'on puisse dire, mais ça serait pousser le HS un peu loin que d'y répondre point par point.
Par contre : " la qualité du spectacle diminue", ça c'est à mon sens une vraie bêtise. Le numérique a permis un bond qualitatif certain, et surtout dans les petites à moyennes salles, qui auparavant ne récupérait que des copies en fin de cycle, rayées, avec un son dégueulasse, et qui ont bénéficiées de rénovations de cabines incroyables.
Le numérique a certainement bouleversé toute la filière, mais le discours "c'est d'la merde, c'était mieux avant, etc..." est très très simpliste et ne reflète sûrement pas une réalité objective (y a vraiment eu des périodes plus dégueulasses dans l'histoire du cinéma que celle que nous vivons aujurd'hui).
Bref, une belle tartine de HS, mais revenons en à nos moutons : faut faire attention à ces histoires de format, notamment parce qu'en tant que projectionniste nous avons l'obligation morale et professionnelle de respecter les oeuvres qui nous sont confiées. C'est pour ça que je suis toujours sceptique face au pros qui râlent dès qu'il y a autre chose que Flat ou Scope. C'est le choix du cinéaste, on peut discuter de sa pertinence artistique mais c'est difficile de le rejeter juste parce que ça nous rajoute du taf.
Modifié en dernier par rappa le ven. 6 juil. 2018 - 17:18, modifié 2 fois.

Victoria5

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 17:01

Un film comme Ida (2013) était en 1.33, cela n'aurait clairement pas été le même film en flat ou en scope, la réalisation et le cadre étaient vraiment pensés pour ce cadre.

MOSS

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 17:49

Tout à fait. (1,37:1 plutôt.) Mais symptôme du digital, tous les logos en amont et, surtout, bien plus gênant, le générique de fin, étaient en 1,85 et prenaient toute la largeur de la matrice... Après avoir insisté auprès de mon installateur pour avoir du masking dans tous les formats, je me retrouve à projeter le film avec ma matrice flat et son trapèze pour éviter de bousiller le générique de fin :cry:
Autre cas, l'exceptionnel (j'insiste!) "Belladonna" sorti en 4k restauré, était obligé de laisser déborder des sous-titres en dehors de son cadre 1,37 dans le générique de début. Donc, pareil, passage en flat sans masking tout du long. Dans ces deux cas, c'eut été cool que le labo prévienne par une note et/ou un courriel aux salles le programmant.
Je ne sais pas qui de la poule ou de l'oeuf arrive en premier: A un moment, quelqu'un décide, (la salle, le distrib, le labo?) que le respect du cadre est un tout petit non-sujet. Pourtant, pas plus aujourd'hui qu'hier, on retrouve unilatéralement des grosses salles exemplaires vs des petites salles négligentes ou l'inverse. Il y a de tout dans les "deux camps" et il serait juste que tout le monde aient les infos - et chacun en dispose! Sinon, mon éthique perso est un peu stérile... (Joli souvenir d'un responsable technique d'un grosplexe de 14 salles piquant une grosse colère en me disant: Ah ces connards de réalisateurs français là! Je me retrouve avec un film en AVP en 1,66, j'ai du faire revenir mon installateur d'urgence pour les macros! Je ne lui avais demandé que flat et scope, vu que y a plus que ça maintenant... Et c'est pas eux (note: ces putains de réalisateurs français :mrgreen: ) qui payent le déplacement! Moi, intérieurement, lâche ou respectueux - au choix -je pensais: Euh sauf que dis-donc mec, je rêve ou ton cinoche diffuse des films de patrimoine pour l'éducation à l'image?? Et tu attends qu'un réal se plaigne pour te poser cette question?? :evil: )
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème!

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 18:45

MOSS a écrit :Je ne sais pas qui de la poule ou de l'oeuf arrive en premier: A un moment, quelqu'un décide, (la salle, le distrib, le labo?) que le respect du cadre est un tout petit non-sujet.


En principe, avant tout ça, c'est réalisateur ou production qui prend ces décisions (ou ayant-droit pour un film de patrimoine restauré, pour lesquels il n'est pas rare qu'il y ait un joli carton 1.85 pour vanter cette belle restauration suivi du film en 1.37).

Coeur Noir

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 19:45

C'est le choix du cinéaste, on peut discuter de sa pertinence artistique mais c'est difficile de le rejeter juste parce que ça nous rajoute du taf.
Bien d'accord avec ça, pas question de rejeter mais bien d'être informé à temps et d'avoir les outils ou procédures nécessaires. Et surtout - aussi - selon les formats, des DCP [format exotique dans flat | format exotique dans scope ] pour un même film, afin de faire face à un maximum de toiles ! Les versions multiples on sait gérer depuis le temps ( 2D + 3D + vo + vf + atmos + 5.1 + 7.1 ).
En même temps ça n'aurait pas de sens de proposer partout le même film, non ?
Donc les "gros films" vont en priorité dans les multiplexes…

C'est une logique purement financière. Pourquoi les gens loin des multiplexes n'auraient pas le droit de voir le gros film du moment en même temps qu'ailleurs, près de chez eux, là où ils vivent et consomment ? Ils en ont envie puisqu'à côté de ça la promo et le marketing sont instantanés et partout en même temps ! Il n'y a guère plus que pour les sorties de films qu'on réfléchit comme ça, et éventuellement les sorties de smartphone. Quand des musiciens sortent un album, il est dispo sur tout le territoire via radio, internet, streaming avec achat ou subventionné par la pub… Pour moi il est fini le temps où les gens des villes restent privilégiés par rapport aux gens des campagnes.
Oui le risque c'est qu'un même film soit partout ( en même temps regarde la prog' de cinés de taille équivalente, c'est du copier-coller souvent ) mais c'est aussi la possibilité que ce gros film dégage plus vite parce qu'il aura fait le plein plus tôt partout, libérant de la place pour d'autres…

…or c'est justement ce « libérer de la place pour d'autres » que certains industriels ne veulent surtout pas voir se mettre en place.

Et puis à l'autre bout de la chaîne, quand un « petit » film fait le buzz, pourquoi devrait-il se limiter à X copies soit X sites ? À l'époque du 35mm il fallait re-tirer des copies donc délai et risque financier, mais aujourd'hui, à l'époque d'Internet et de la dématérialisation ???

Je vois sans doute le mal partout mais ce sont les gros acteurs de la filière cinéma qui ne veulent surtout pas que les salles - voire les spectateurs - s'emparent de la souplesse de diffusion du numérique. Certains ont intérêt à conserver la mécanique des sorties à nombre fixe.

Ces mêmes gros acteurs qui s'offusquent que des gens n'attendent pas qu'un film arrive dans une salle près d'eux et le « volent » sur Internet dès que possible, la blague… alors qu'ils font tout pour que la VàD légale se banalise, sans donner aux salles un meilleur accès aux films.

MOSS

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Message » ven. 6 juil. 2018 - 21:48

Coeur Noir a écrit :hi, hi… ouep Moss. Ça vient aussi du fait que finalement plein de gens créent des films pas pour la salle de ciné, et se fichent complètement des contraintes « cinéma d'exploitation »[/i]
Ah mais ca-rré-ment. L'exemple que j'ai en tête est, j'en suis sur à 90%, l'encodage d'un master pour Bluray! L'image scope étant incluse dans du 16/9è !
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème!

Phane

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Message » sam. 7 juil. 2018 - 2:54

Image
Une idée de l'équipement de certaines salles au niveau des cadres d'images.
Ils ont tous été utilisés au moins une fois.
À noter que "IsleOfDogs" peut être diffusé en F-200 sur un écran au format Scope.
Pas de crop d'image et sous-titres toujours visibles.
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