Salariés et bénévoles - quels intérêts au fond

convention collective, droit du travail, salaires, contrats CDI et CDD...
casa3166

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Salariés et bénévoles - quels intérêts au fond

Message » mer. 22 févr. 2017 - 9:25

Bonjour,
Ce message fait suite à la lecture de divers post sur le sujet de la relation des bénévoles au sein d'associations ayant des salariés et de la défense des intérêts de ces derniers.

En d'autres termes ces (vos) bénévoles et donc employeurs de fait, sont-ils impliqués, s'impliquent-ils, au niveau de la FNCF pour prendre en considération, pour ne pas dire la défense des conditions de travail et autres aspects de notre profession ?

Comment ces derniers réagissent-ils quand vous demandez par exemple une revalorisation de vos salaires, une prise en considération de vos diplômes et formations etc etc ?

Je pense qu'il y a au fond, malgré les discours, réel conflit d'intérêt entre des salariés dont le métier est leur source de revenu et des bénévoles dont l'implication reste un loisir.
Pour illustrer cela, un exemple extrême certes mais vécu est la fermeture du cinéma, pour le(s) salarié(s) c'est direction Pôle Emploi, pour les bénévoles c'est direction la maison sans aucune conséquence si ce n'est trouver une autre occupation.

Autrement dit je suis convaincu que notre profession souffre de fait de ces situations où au nom de la Culture, de l'amour du cinéma ... les intérêts des salariés sont relégués au second plan voire occultés par ceux là même qui hier défilaient ou défilent encore aujourd'hui dans la rue pour défendre leurs intérêts propres.

sylpieste

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Message » mer. 22 févr. 2017 - 10:40

Je pense en effet qu'il peut y avoir un débat sur le sujet et que les intérêts des professionnels doivent être protégés.
je ne connais pas assez le métier pour avoir un avis tranché, je ne suis qu'un collectionneur avec une association qui n'a rien à voir avec la projection de film pour un public mais je vois quand même dans ma région (Midi Pyrénées maintenant Occitanie), certains départements essentiellement agricoles comme l'Ariège, le Tarn, l'Aveyron ou le Gers ont du cinéma itinérant parfois gérer par des systèmes communaux ou associatifs. Sans ce système toute une population ne verrait jamais un film sauf à se déplacer sur de long trajet pour rejoindre les salles obscures des villes. Y a t'il là concurrence ou simplement l'occasion d'offrir un service à des populations souvent délaissées ... Je n'ai pas la réponse mais la question ne mérite t'elle pas d'être posée ?
Modifié en dernier par sylpieste le mer. 22 févr. 2017 - 14:23, modifié 1 fois.
"Images d'argent" association loi 1901 (Sauvegarde du Patrimoine Photographique et Cinématographique Argentique), nous assurons le démontage et l'enlèvement de matériel pour restauration et expositions. https://www.facebook.com/imagesdargent/

Stef89

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Message » mer. 22 févr. 2017 - 12:49

Salutations,

Je me permet de réagir comme bénévoles, mais pas comme employeur car je n'en suis pas exactement un.

Ce qui m'interpelle c'est:
casa3166 a écrit :des bénévoles dont l'implication reste un loisir.
et
casa3166 a écrit :pour les bénévoles c'est direction la maison sans aucune conséquence si ce n'est trouver une autre occupation.

Cela fait étrangement echo aux propos de certains bénévoles qui estiment que les salariés doivent être taillables et corvéables à merci sous pretexte qu'eux (les bénévoles) font le travail gratuitement.
Il faut que les uns comprennent que les salariés doivent être traités en tant que tel et que les autres sachent que le bénévolat est souvent une implication lourde et parfois pénible et qu'il ne manquerait plus qu'après avoir donné de son temps, de sa sueur et aussi de son argent, on bouffe la grenouille si le projet capote...

Ensuite je dirais qu'il faut faire la part des choses.

Des bénévoles se retrouvent parfois patrons dans l'asso et salariés par ailleurs. Ce qui arrive à a peu près tout le monde au moment de faire ses courses (et oui, quand on achète on valide les conditions de travail de celles et ceux qui ont trimés pour produire). Et alors qui se souci des personnes qui ont fabriqué tel T shirt ou monter tel smart phone?

Il y a des mauvais patrons sans doute chez les bénévoles, mais je ne sais pas si c'est pire que l'ensemble des salariés (projectionniste y compris) quand il choisi d'acheter un produit de consommation.

Ensuite, soit le modèle économique du cinéma repose sur les bénévoles (pas de bénévoles=pas de cinéma donc on ne peut pas comparer avec un patronnat classique) soit le cinéma pourrait tourner en "privé" mais n'est ce pas toujours bien d'avoir un patron qui ne se sert pas sur la bête? Et dans ce deuxième cas, les bénévoles se comportent ils forcément pire que des patrons?

Concernant la FNCF, je serais bien surpris qu'un syndicat patronal s'occupe plus que du minimum "tenable" pour les salariés. Pour info, il faut faire appel à un syndicat de salariés pour être pris en considération (comme sans doute tous ces bénévoles qui sont intransigeants avec leurs propres conditions de travail). :wink: Ah oui, j'oubliais le résultat sera meilleur mais ça restera très relatif (comme pour les bénévoles syndiqués et qui bougent aussi leurs fesses pour se défendre). 0001236

casa3166

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Message » mer. 22 févr. 2017 - 18:29

Bonjour Stef89
Stef89 a écrit :Ce qui arrive à a peu près tout le monde au moment de faire ses courses (et oui, quand on achète on valide les conditions de travail de celles et ceux qui ont trimés pour produire). Et alors qui se souci des personnes qui ont fabriqué tel T shirt ou monter tel smart phone?


Autrement dit un moyen de défendre les salariés du cinéma serait de ne plus venir au cinéma acheter son billet car de fait par cet achat on cautionne / valide leurs conditions de travail. 003654

C'est certainement une idée que vous devriez essayer de mettre en pratique dans votre cinéma en solidarité avec le(s) salariés, avec pour mot d'ordre:
"A l'initiative du Conseil d'administration et des bénévoles de l'association, le cinéma est fermé pour cause de défense des intérêts des salariés - Réouverture quand les conditions de travail des salariés seront conformes à leurs revendications y compris celles des salariés de l'ensemble de la chaîne qui permet la création et la diffusion des oeuvres".

Tenez-nous au courant l'expérience sera certainement intéressante et peut-être exemplaire.

casa3166

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Message » jeu. 23 févr. 2017 - 11:04

Bonjour,
Sur le même sujet déja en 2008,
viewtopic.php?f=25&t=1111

Stef89

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Message » jeu. 23 févr. 2017 - 15:41

casa3166 a écrit :Autrement dit un moyen de défendre les salariés du cinéma serait de ne plus venir au cinéma acheter son billet

ça, ce n'est pas dire "autrement", c'est dire autre chose... :roll:
Je vais donc le dire autrement: Le salarié est un loup pour le salarié, donc que des gens soient salariés ne présages certainement pas qu'ils feraient de bons patrons.
Personnellement, je le regrette.
Quant à un éventuel boycott, si on m'apprend qu'un cinéma persécute régulièrement ses employés, je n'y retournerais sans doute pas... Je contribuerais ainsi à faire un vivre un cinoche plus respectueux de ses salariés. Et si il s'avérait que je sois un jour moi même un mauvais employeur, plutôt que de me saborder comme tu le suggères, je tâcherais de m'améliorer...
Après, de solutions parfaites, je n'en vois pas. :(
Pour finir, si tu penses que toutes les collectivités vont crever leurs budgets culturels pour remplacer les bénévoles par des employés, de ce que j'en ai vu, ça n'est pas prêt d'arriver.
Et maintenant, une petite banane pour détendre l'atmosphère bananes030

Stef89

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Message » jeu. 23 févr. 2017 - 15:53

Ah oui, autre chose (un peu hors sujet hélas et malgré nos petites chamailleries), si tu le veux bien j'aimerais avoir plus de précisions sur cette fermeture de cinéma dont tu parles.
Je recherche régulièrement sur internet des cas de fermetures car je trouve ça "formateur" de voir ce qui n'a pas marché, si la fermeture était évitable...etc
Pourrais tu me donner la ville, l'année, me dire ce qui s'est passé, ce genre de chose, éventuellement par MP.
07534

Keurdelion

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Message » ven. 24 févr. 2017 - 1:30

casa3166 a écrit :Autrement dit je suis convaincu que notre profession souffre de fait de ces situations où au nom de la Culture, de l'amour du cinéma ... les intérêts des salariés sont relégués au second plan voire occultés par ceux là même qui hier défilaient ou défilent encore aujourd'hui dans la rue pour défendre leurs intérêts propres.

Je ne suis pas certain de bien comprendre. En gros, tous les bénévoles sont schizo : militants cégétistes de 9h à 17h, et gattaziens le soir et le WE ?

casa3166

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Message » ven. 24 févr. 2017 - 11:27

Bonjour,
Keurdelion a écrit :
casa3166 a écrit :Autrement dit je suis convaincu que notre profession souffre de fait de ces situations où au nom de la Culture, de l'amour du cinéma ... les intérêts des salariés sont relégués au second plan voire occultés par ceux là même qui hier défilaient ou défilent encore aujourd'hui dans la rue pour défendre leurs intérêts propres.

Je ne suis pas certain de bien comprendre. En gros, tous les bénévoles sont schizo : militants cégétistes de 9h à 17h, et gattaziens le soir et le WE ?


Pour le savoir il suffit de leur poser la question suivante:
"Afin de défendre mes intérêts en tant que salarié, augmentation de salaire, non à la loi travail, à la précarisation des emplois, la reconnaissance des diplômes, les retraites, la sécu etc etc je me mets en grève pour une durée illimitée" et attendez la réponse voire les réactions ..." et vous verrez bien si vous avez de "bons bénévoles et employeurs qui n'en sont pas" ou ce qui s'appelle de faux amis.

Seront-ils prêts, par exemple, à maintenir votre salaire bien que vous soyez en grève ?
La question mérite d'être posée.

Stef89

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Message » ven. 24 févr. 2017 - 12:07

Mais ceux qui défilent et se défendent aimeraient sans doute accorder plus mais ne le peuvent pas.

Je monte un projet de cinoche associatif et je vois bien qu'il sera difficile de sortir un salaire.
Pourtant tout le monde est unanime, un(e) projectionniste salarié(e) consoliderai vraiment notre projet.
Alors si on fini pas trouver les moyens de financer un emploi, faut il rester en bénévolat pur parce qu'on ne pourra pas offrir plus que le minimum légal à la personne embauchée?

Finalement, tout ça n'a rien à voir avec le fait de se comporter correctement avec les salariés. Quelque part tu reproches aux gens qui se défendent en tant que salariés d'être ceux qui finissent souvent bénévoles dans des structures qui vivotent...

Les cinémas qui rapportent de l'argent sont dans les mains de patrons plus classiques qui pourraient parfois accorder plus mais ne le font parfois pas. C'est sûr pas de problème de schizophrénie dans ce cas.

Encore une fois les abus qui peuvent se produire de la part des bénévoles, ça existe, faut les combattre et c'est souvent en rapport avec une mauvaise organisation. En tant que salarié, j'y suis sensible et est déjà participé à rectifié des situation anormales (genre on appel le projectionniste chez lui pour des KDM ou on demande aux salariés d'avancer l'argent pour l'asso...). On a fait ça juste après avoir remis tout le monde dans le code du travail, l'ancien directeur qui était salarié, ne s'en souciait guère (et les bénévoles du moment s'accomodait de ça).

Stef89

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Message » ven. 24 févr. 2017 - 12:09

Et un salarié en grêve ne demande pas son salaire, au pire si il est dans la panade, il demande un étalement des déductions de salaire 8)

casa3166

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Message » ven. 24 févr. 2017 - 12:33

Bonjour,
Stef89 a écrit :Et un salarié en grêve ne demande pas son salaire, au pire si il est dans la panade, il demande un étalement des déductions de salaire 8)


Désolé mais cette remarque ajoutée au " employeur qui n'en est pas un" vous range dans la catégorie des "faux amis " ou en devenir.
L'histoire du mouvement ouvrier, retracée dans de nombreux films ou autres documentaires voir "Comme des lions" par exemple, vous apprendra que la revendication du paiement des jours de grève a souvent été à l'ordre du jour.

Et je suppose que si tant est plus vous vous trouvez confronté à la situation du salarié en grève non seulement vous ne paierez pas son salaire, mais en plus vous vous mettrez derrière la caisse et le projecteur (polyvalence oblige) pour assurer le service comme tout bon briseur de grève ou "jaunard" dans le jargon de la classe ouvrière.

Il ne s"agit pas de "chamaillerie" j'ai passé l'âge des cours de récréations.

Stef89

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Message » ven. 24 févr. 2017 - 13:53

Je n'ai pas la science infuse et me base sur ma propre experience de grêve. Le monde change et le monde ouvrier aussi et de ce que j'en ai vu et pratiqué il a été mis un point d'honneur à ne pas toucher de salaire les jour de grève par principe (et sans doute par opposition à ce que raconte les médias: ils font grêve et sont payé quand même...).

Concernant ma reflexion de ne pas être exactement employeur c'est simple, l'asso que j'ai monté n'embauche personne, mais par partenariat je suis au CA d'une autre asso (d'où est issu mon exemple), qui emploi des gens mais qui ne me demande qu'un travail "secondaire".

Mais je suis content de voir qu'il n'y a plus que ces deux points qui vous choquent c'est que, malgré ce que je commençais à croire, vous avez fait un peu de chemin.

Et pour finir, si j'avais jouer le rôle du faux ami vous en seriez encore à boire mes propos. Mais je suis franc. Je me demanderais bien quel genre de défenseur de l'opprimé peut bien baver comme ça sur les syndicats d'employés mais je ne croit pas que ça en vaille la peine.

Salut "camarade".