"Le voyage de Lila" format C-190 ou pleine matrice

Victoria5

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"Le voyage de Lila" format C-190 ou pleine matrice

Message » sam. 7 juil. 2018 - 10:45

Coeur Noir a écrit :Et surtout - aussi - selon les formats, des DCP [format exotique dans flat | format exotique dans scope ] pour un même film, afin de faire face à un maximum de toiles !


Plus de travaux de labo = plus de sous dépensés = ça n'arrivera pas.

Coeur Noir a écrit :
En même temps ça n'aurait pas de sens de proposer partout le même film, non ?
Donc les "gros films" vont en priorité dans les multiplexes…

C'est une logique purement financière. Pourquoi les gens loin des multiplexes n'auraient pas le droit de voir le gros film du moment en même temps qu'ailleurs, près de chez eux, là où ils vivent et consomment ? Ils en ont envie puisqu'à côté de ça la promo et le marketing sont instantanés et partout en même temps ! Il n'y a guère plus que pour les sorties de films qu'on réfléchit comme ça, et éventuellement les sorties de smartphone. Quand des musiciens sortent un album, il est dispo sur tout le territoire via radio, internet, streaming avec achat ou subventionné par la pub… Pour moi il est fini le temps où les gens des villes restent privilégiés par rapport aux gens des campagnes.
Oui le risque c'est qu'un même film soit partout ( en même temps regarde la prog' de cinés de taille équivalente, c'est du copier-coller souvent ) mais c'est aussi la possibilité que ce gros film dégage plus vite parce qu'il aura fait le plein plus tôt partout, libérant de la place pour d'autres…


Franchement, je ne sais pas… Ca pourrait faire sortir les grosses machines plus tôt, ou bien au contraire occuper tout le terrain qu'avec des gros films qui s'enchaineraient sur tous les écrans. Comme tu le soulignes, on est clairement dans une logique financière, qu'elle que soit la manière choisie, j'ai peur des effets collatéraux.

Coeur Noir

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Message » sam. 7 juil. 2018 - 15:02

qu'elle que soit la manière choisie, j'ai peur des effets collatéraux.
Des effets collatéraux sont déjà là, aujourd'hui, avec les sorties calquées sur le modèle 35mm et le « zonage ». L'accès aux films est un problème majeur aujourd'hui pour beaucoup de moyennes et petites exploitations. Serait-ce pire si on enlevait certains verrous - je demande naïvement ?

Pourquoi un distributeur ferait en priorité vivre l'exploitant « groupe » plutôt que l'exploitant « local » ? Après tout plus de la moitié des écrans ne font pas partie de la grande exploitation.

Quand un film sort sur 500 « copies » aujourd'hui succès ou pas, mécaniquement, il capte au minimum 10% des recettes du marché à ce moment là, tout en empêchant d'autres films d'exister. Car le nombre d'écrans, lui, est bien fini, pas extensible.
occuper tout le terrain qu'avec des gros films qui s'enchaineraient sur tous les écrans

Au début peut-être… je crois aussi que ça inciterait les salles à re-prendre la main sur leur programmation et les distributeurs à vendre leurs films à de nouveaux spectateurs, justement pour se démarquer sur le fond puisque techniquement, aujourd'hui, tout est accessible partout en même temps.

C'est quand même drôle qu'on puisse diffuser à la campagne des opéras en direct de New-York ou Milan, mais pas un film français en sortie nationale en même temps qu'à la grande ville d'à côté…
Plus de travaux de labo = plus de sous dépensés = ça n'arrivera pas.

Euh… c'est un taf' qui peut s'automatiser ça. On est plus au temps de la pelloch'.

Victoria5

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Message » sam. 7 juil. 2018 - 16:07

Coeur Noir a écrit :
qu'elle que soit la manière choisie, j'ai peur des effets collatéraux.
Des effets collatéraux sont déjà là, aujourd'hui, avec les sorties calquées sur le modèle 35mm et le « zonage ». L'accès aux films est un problème majeur aujourd'hui pour beaucoup de moyennes et petites exploitations. Serait-ce pire si on enlevait certains verrous - je demande naïvement ?


Je ne dis pas le contraire : on vit les effets collatéraux d'une logique financière.
Je ne suis juste pas sûr que les solutions proposées règlent le problème.
Et toujours pour les histoires de gros sous, l'envoi de copies, dématérialisées ou physiques, a un coût unitaire. Donc plus de copies = plus de dépenses pour le distributeur, si c'est juste pour toucher le même nombre de spectateurs sur davantage d'écrans ("au lieu d'aller au multiplexe, je vais aller au cinéma du coin qui le passe aussi"), c'est moins rentable pour lui. Ce n'est pas parce que le numérique coûte moins cher qu'il ne coûte pas aussi.

Coeur Noir a écrit :Pourquoi un distributeur ferait en priorité vivre l'exploitant « groupe » plutôt que l'exploitant « local » ? Après tout plus de la moitié des écrans ne font pas partie de la grande exploitation.

Quand un film sort sur 500 « copies » aujourd'hui succès ou pas, mécaniquement, il capte au minimum 10% des recettes du marché à ce moment là, tout en empêchant d'autres films d'exister. Car le nombre d'écrans, lui, est bien fini, pas extensible.


Ca rejoint ce que je dis ci-dessus. Le distributeur estime le potentiel d'entrées du film (nombre et profil de spectateurs), et ajuste sa stratégie et le nombre de copies en fonctions. L'objectif étant de faire le maximum d'entrées sur le moins de dépense, donc le moins de copies possibles. On peut trouver ça stupide (logique marketing et financière qui met les gens dans des cases et souvent se plante…), mais c'est comme ça malheureusement.
De plus, le coût des VPF est aussi à la copie, et il me semble qu'il n'est dû que sur les 4 premières semaines d'exploitation (à vérifier). Ca incite le distributeur de film petit et moyen à travailler sur la profondeur, avec pas trop de salles et en faisant tourner, pour continuer à faire des entrées quand les copies coûtent moins, à partir de la cinquième semaine. Rentabilité oblige, encore une fois.

Coeur Noir a écrit :
occuper tout le terrain qu'avec des gros films qui s'enchaineraient sur tous les écrans

Au début peut-être… je crois aussi que ça inciterait les salles à re-prendre la main sur leur programmation et les distributeurs à vendre leurs films à de nouveaux spectateurs, justement pour se démarquer sur le fond puisque techniquement, aujourd'hui, tout est accessible partout en même temps.

C'est quand même drôle qu'on puisse diffuser à la campagne des opéras en direct de New-York ou Milan, mais pas un film français en sortie nationale en même temps qu'à la grande ville d'à côté…
Plus de travaux de labo = plus de sous dépensés = ça n'arrivera pas.

Euh… c'est un taf' qui peut s'automatiser ça. On est plus au temps de la pelloch'.


Ce n'est pas parce que c'est automatique que ça n'a pas un coût (il faut payer aussi les machines et l'électricité), et puis je ne suis pas certain que tout puisse si facilement s'automatiser.
Ne serait-ce que pour la position et la taille des sous-titres (surtout les SME, avec la gestion de la latéralité). Normalement tout ça doit s'ajuster par version de cadre et se vérifier par un opérateur.
Ca pose aussi la question de la gestion des KDM, différentes pour les deux versions. Le distributeur paie les KDM. Il a deux choix : gérer au plus juste le nombre de KDM (la bonne envoyée à chaque salle), et c'est une gestion supplémentaire pour lui (et au final des coût salariaux), soit il envoie les KDM pour les deux versions à toutes les salles… Et ce poste lui coûte deux fois plus cher.

hortson

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Message » sam. 7 juil. 2018 - 17:27

bonjour, je voudrais préciser ma récente intervention dans ce sujet à propos de la qualité du spectacle. Je ne pensais pas précisement au numérique par rapport à l'argentique (encore que... mais c'est mon point de vue) mais au spectacle proposé. Prenons un exemple d'aujourd'hui. Prix d'un billet dans un multiplex Pathé, (pour ne pas le citer) autour de 10 euros. Prenons un film récent avec Kad Merad (j'ai oublié le titre) durée du film 86 minutes (certainement un générique de fin de deux à trois minutes) soit 83 minutes de spectacle vu que personne ne reste pour le générique de fin. Avec cela 10 à 15 minutes de F.A et 10 bonnes minutes de pub.
Dans une autre époque que beaucoup d'entre vous n'ont peut ètre pas connue, les programmes duraient au bas mot entre 130 et 135 minutes. Suivant la durée du film, la première partie avant l'entr-acte était plus ou moins longue et comportait soit un moyen métrage soit plusieurs courts métrages. En plus il y avait les actualités de la semaine et un film annonce car mono écran. La pub passait pendant l'entr-acte. Le prix du billet à cette époque oscillait entre 4 à 5 francs soit moins d'un euro. Voila pourquoi je parlais de qualité du spectacle. Ceci étant pour faire valoir mon point de vue que j'ai déjà exprimé, je ne trouve rien de rare au numérique. L'image me parait froide, figée. Je ne parlerai pas de la 3D avec l'obligation de porter des lunettes pendant tout le film et qui, toujours de mon point de vue n'apporte rien au spectacle. D'ailleurs après l'engoûment du début je vois moins de programme annoncé pour des diffusions en 3D. Je vais paraitre quelque peu rétrograde mais ayant vécu les transformations du cinéma du 1.37 au numérique, j'espère avoir le droit d'en parler. Merci de votre lecture et éventuellement de vos commentaires que j'apprécie quelque qu'il soient.

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Message » dim. 8 juil. 2018 - 13:41

Pour le voyage de Lila je dirais que c'est bien du C :wink:

Phane

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Message » dim. 8 juil. 2018 - 22:13

Un hors-sujet histoire de troller ce topic.
Steven Soderbergh a choisi le cadre 1.56/1 pour "Unsane".
En gros, un "iPhone_F-156"...
À vos limes !!!

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rappa

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Message » dim. 8 juil. 2018 - 23:17

hortson a écrit :bonjour, je voudrais préciser ma récente intervention dans ce sujet à propos de la qualité du spectacle. Je ne pensais pas précisement au numérique par rapport à l'argentique (encore que... mais c'est mon point de vue) mais au spectacle proposé. Prenons un exemple d'aujourd'hui. Prix d'un billet dans un multiplex Pathé, (pour ne pas le citer) autour de 10 euros. Prenons un film récent avec Kad Merad (j'ai oublié le titre) durée du film 86 minutes (certainement un générique de fin de deux à trois minutes) soit 83 minutes de spectacle vu que personne ne reste pour le générique de fin. Avec cela 10 à 15 minutes de F.A et 10 bonnes minutes de pub.
Dans une autre époque que beaucoup d'entre vous n'ont peut ètre pas connue, les programmes duraient au bas mot entre 130 et 135 minutes. Suivant la durée du film, la première partie avant l'entr-acte était plus ou moins longue et comportait soit un moyen métrage soit plusieurs courts métrages. En plus il y avait les actualités de la semaine et un film annonce car mono écran. La pub passait pendant l'entr-acte. Le prix du billet à cette époque oscillait entre 4 à 5 francs soit moins d'un euro. Voila pourquoi je parlais de qualité du spectacle. Ceci étant pour faire valoir mon point de vue que j'ai déjà exprimé, je ne trouve rien de rare au numérique. L'image me parait froide, figée. Je ne parlerai pas de la 3D avec l'obligation de porter des lunettes pendant tout le film et qui, toujours de mon point de vue n'apporte rien au spectacle. D'ailleurs après l'engoûment du début je vois moins de programme annoncé pour des diffusions en 3D. Je vais paraitre quelque peu rétrograde mais ayant vécu les transformations du cinéma du 1.37 au numérique, j'espère avoir le droit d'en parler. Merci de votre lecture et éventuellement de vos commentaires que j'apprécie quelque qu'il soient.

Merci pour cette mise en contexte (même si je ne suis toujours pas d'accord avec tout ;) )
Après il est difficile de comparer le cinéma d'il y a 60 ans avec le cinéma d'aujourd'hui (de même que de dire 5 francs valaient moins d'un euro d'aujourd'hui) ; tellement de choses ont évoluées que ce soit artistiquement, sociologiquement (le public cinéma et la place du cinéma en tant qu'art et/ou divertissement), médiatiquement (la démultiplication des supports), et enfin technologiquement (c'est paradoxalement probablement le point le plus stable de l'histoire du ciné, amha).
Il est évidemment permis d'être nostalgique, et d'exprimer que notre propre subjectivité s'y retrouvait mieux à telle ou telle époque, mais il est très difficile de dire "telle version était objectivement mieux". Si on prend le spectateur lambda actuel d'un film de super héros dans un gros complexe, et qu'on lui fait assister à une proj typique des 60's, je suis pas sûr qu'il soit satisfait du spectacle à l'issue de la séance.
Et bien sûr il est intéressant de lire les témoignages des personnes les plus expérimentées.

rappa

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Message » dim. 8 juil. 2018 - 23:20

Phane a écrit :Un hors-sujet histoire de troller ce topic.
Steven Soderbergh a choisi le cadre 1.56/1 pour "Unsane".
En gros, un "iPhone_F-156"...
À vos limes !!!

https://zupimages.net/up/18/27/p6o8.png

Pour le coup c'est une des réponse les moins hors-sujet qui soient :D
Le film est bien ?