Petit historique du Cine.ville de Conflans Ste Honorine

Tout ce qui concerne les salles de cinéma...
ingestman

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Petit historique du Cine.ville de Conflans Ste Honorine

Message » sam. 10 juin 2017 - 8:52

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            Le bâtiment fait appel aux techniques les plus modernes : il est construit et couvert en béton armé. D’une superficie importante, 48 m x 15 m, il se répartit en deux niveaux, l’un sur la rue Arnoult-Crapotte avec la salle destinée aux spectacles, bals, banquets, séances cinématographiques, l’autre ouvrant de plain-pied sur la place de l’Hôtel-de-Ville, avec entre autre un garage pour 40 voitures.

En 1926, le nouveau maire, Henri Crapotte qui avait fait partie de la commission spéciale, remet à l’étude cette question de la salle des fêtes, car « le besoin s’en fait de plus en plus sentir dans la commune ». Le montage financier choisi est le suivant : la commune met à la disposition d’une société un terrain communal sur lequel celle-ci fait construire, à ses frais, un bâtiment à usage de salle des fêtes. Elle l’exploitera et en tirera tout bénéfice. La ville se réservera cependant le droit de s’en servir gratuitement une douzaine de fois par an, pour des fêtes officielles, et touchera une redevance annuelle de 200 F pour la location du terrain qui reste une propriété communale. Par le même contrat, l’immeuble, le matériel et le mobilier qu’il contient  reviendront à la ville au bout de 75 ans ; cette durée paraît bien longue à un conseiller qui s’inquiète de savoir si le bâtiment sera toujours debout après tout ce temps ! Dans cette éventualité, ce n’est qu’en 2002 que la ville serait devenue propriétaire de cet édifice.
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Ni l’appel aux dons de juillet dernier, ni l’augmentation de 21 % du nombre de spectateurs l’an dernier n’ont permis pour l’instant de sauver le Cinéville, juste à côté de l’hôtel de ville, et ce alors qu’une pétition récemment lancée a réuni plus de mille signatures à ce jour. La municipalité, propriétaire des locaux, n’est pas parvenue à trouver un investisseur intéressé pour la prolongation des séances après décembre prochain.
En effet, le bâtiment, cinéma depuis les années 1930, nécessiterait de lourds travaux de rénovation, d’aménagement et de mise aux normes pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, trop coûteux selon la municipalité. La gestion des trois salles du cinéma relève pour l’instant de l’association Cinéville, qui compte quatre salariés et est subventionnée à hauteur de 157 000 euros par an.
« On n’aura pas d’autre choix que d’arrêter la convention (liant mairie et association, Ndlr) en décembre 2017, a répondu le premier magistrat Laurent Brosse (LR) à l’interrogation de Bernard Lacombe, conseiller d’opposition du groupe Conflans énergie populaire, au dernier conseil municipal. Comme lors du conseil municipal du 30 janvier, il a avancé « des chiffres à trois ou quatre millions d’euros », nécessaires afin de poursuivre l’activité cinématographique.
« Nous avions commandé une étude, justement pour chiffrer ce que représentait le réaménagement du Cinéville. La structure s’équilibrait avec

l’aménagement d’une ou deux salles supplémentaires, l’idée était de solliciter les opérateurs privés, a détaillé le maire conflanais. Nos demandes n’ont pas abouti simplement parce que les investisseurs ont regardé les montants totaux d’investissement et la fréquentation. »
Elle s’établit à 28 000 entrées après la forte hausse de l’an passé. Cela resterait très insuffisant selon Laurent Brosse. « On est à 6,6 spectateurs par séance l’an dernier, ce qui est extrêmement faible, et ne permettait pas du tout aux investisseurs de pouvoir rentabiliser les coûts, a-t-il estimé. Même si on aurait pu imaginer un soutien de la ville ou une petite participation pour les aider. »
Les salariés de l’association ont été reçus en mairie le 20 février dernier, cette dernière leur ayant confirmé la fermeture définitive. « Mais sans date fixée, ni proposition de nouvelle convention, ni mesure pour le personnel, pour les partenaires, ni les spectateurs et les abonnés, regrettent-ils sur le site internet du cinéma. Est-ce un traitement honorable pour notre association et l’équipe qui anime avec passion le Cinéville sept jours sur sept depuis 14 ans ? »

Après sa fermeture définitive, le 31 décembre prochain, la municipalité envisage la démolition du cinéma, mais aussi des bains-douches fermés en septembre dernier. Pour la suite, une étude a été confiée à l’aménageur public Citallios. Seule certitude : « L’idée n’est pas de refaire un cinéma. »

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sylpieste

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Message » sam. 10 juin 2017 - 9:47

C'est triste de voir une nouvelle fois un cinéma ancien fermer et même être démoli. L'histoire se répète :(
"Images d'argent" association loi 1901 (Sauvegarde du Patrimoine Photographique et Cinématographique Argentique), nous assurons le démontage et l'enlèvement de matériel en France. https://www.facebook.com/imagesdargent/

penny-lane

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Message » sam. 10 juin 2017 - 12:13

Pardon, mais ... 157 000 euros ? :shock:

J'ai visité ce cinéma il y a quelques années, il y avait le directeur/programmeur, un opérateur projectionniste qui travaillait quasi 7 jours sur 7, et un apprenti, c'est tout. Le bâtiment tombait en lambeau, déjà. Je ne dis pas qu'aucun travail n'a été fait, depuis, mais bon, la gestion ne correspondait pas vraiment à un cinéma "associatif" très actif. Même la prog n'étais pas faite en "direct", mais passait pas une société de programmation.

Je trouve ça dommage pour le batiment... Mais voilà, il était à l'abandon depuis très longtemps.

diproj

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Message » mar. 13 juin 2017 - 11:20

Cela veux dire qu'a chaque fois qu'un spectateur paye sa place cela coute 5.6€ en plus à la commune.C'est effectivement assez difficile a tenir sur une commune de 33000 habitants ce qui représente un taux de fréquentation de 0.84 qui est très bas par rapport a la moyenne nationale.
" Je ne sais pas si Dieu existe, mais s'il existe, j'espère qu'il a une bonne excuse ." Woody Allen.
Avec toutes les horreurs que l'homme commet au nom de Dieu il ne va rien rester pour le diable.

J-V.Fossard

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Message » mer. 14 juin 2017 - 18:41

Bonsoir à tous,

Je me permet d'intervenir, je suis le nouveau programmateur depuis 2 ans maintenant.
Lorsque l'on m'a confié la prog, la salle enregistrait environ 23000 entrées annuelle. Du coup, j'ai effectué un grand virage dans la programmation en l'orientant plus art et essai vo et limité les blockbusters qui sont quand je les programme systématiquement proposés en vo.
Fin 2016 après une année à 25000 sp, nous passions la barre des 30000. Malheureusement, je ne suis pas magicien et si la salle n'est pas un minimum rénovée et soutenue par la mairie (autre que financièrement 1490000€ cette année) c'est mission impossible pour faire les 60000 demandé.
Ce qui est dommage, c'est la façon dont la mairie ce comporte avec la salle. Par exemple, elle a catégoriquement refusée d'annoncer le festival Télérama (qui était une première pour cette salle) et avant que le maire nous fracasse ouvertement dans le VAC, les entrées continuaient de montées (vu les films de fin d'année, les estimations tournaient autour de 35000/40000 sp.

Enfin voilà c'est dommage mais au final bien des choses auraient pu et du être fait avant sans que personne ne bouge.
En 10 ans ils (y compris les responsables de la salle) ont laissé le bâtiment mourir. On ne peut pas blâmer le maire actuel pour seul responsable. Puis au lieux de déserter la salle comme le font les conflannais depuis l'annonce de la fermeture, ils n'avaient qu'à la fréquenter.
Le maire à raison, si ne serait ce que 3000 des signataires fréquentaient la salle 2 fois par mois, elle serait sauvée.... mais non, ils râlent voir insulte le maire pour sa décision.

En tout cas merci pour ce post et merci à ceux qui ont signé la pétition.

Bonne continuation à tous;)

J-V.Fossard

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Message » mer. 14 juin 2017 - 18:48

PS: Penny-lane, effectivement nous passons par le GPCI pour négocier les films que je souhaite programmer car seul.... disons que cette salle n'a pas d'argument pour négocier. Le Pathé étant prioritaire vu ses entrées ce qui ce comprend, les distributeurs sont aussi là pour gagner de l'argent.

Perso je pense qu'a l'implantation du Pathé des accords de programmations auraient dû être fait voir même que la programmation de cette salle leur soit confiée et n'y faire que de l'art et essai. Malheureusement, pendant des années la salle a voulu continuer à programmer des films comme un cinéma de ville sans concurrence.....

santos

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Message » sam. 17 juin 2017 - 10:08

Aucune valeur juridique pour les pétitions en ligne
En France, les pétitions « écrites » ont juridiquement peu d’impact. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) peut être saisi après une pétition écrite à condition qu’elle compte plus de 500 000 signatures. Le CESE donne alors son avis au gouvernement, à titre consultatif.
Quant aux pétitions en ligne, « elles n’ont aucune valeur juridique » souligne Jean-Marie Pierlot, co-auteur de l’ouvrage « Les nouvelles luttes sociales et environnementales » avec Thierry Libaert (Édition Vuibert, 2015). « Seules celles qui sont adressées au Parlement européen sur des formulaires soigneusement contrôlées ont un statut légal » explique-t-il. Depuis le traité de Maastricht, tout citoyen de l’Union européenne peut adresser une pétition au Parlement européen si elle relève de son domaine de compétence. En 2012, sur les 2322 pétitions reçues au Parlement européen, 1406 ont été déclarées recevables. Elles concernaient principalement les droits fondamentaux, l’environnement et le marché intérieur.

Keurdelion

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Message » sam. 24 juin 2017 - 22:14

diproj a écrit :Cela veux dire qu'a chaque fois qu'un spectateur paye sa place cela coute 5.6€ en plus à la commune.C'est effectivement assez difficile a tenir sur une commune de 33000 habitants ce qui représente un taux de fréquentation de 0.84 qui est très bas par rapport a la moyenne nationale.

Heureusement que c'est pas comme ça sur l'ensemble des cinémas en France : 210 millions d'entrées x 5,60€ = 1,2 milliard d'euros à trouver pour financer les salles de cinéma !!! Ça en ferait des logements sociaux et des écoles en moins !

Stef89

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Message » lun. 26 juin 2017 - 2:14

Je voudrais pas avoir l'air de faire durer la polémique mais ça pose pas mal de questions cette affaire, comme par exemple quelle est le rôle de l'association exploitante. A lire les articles de presse et le topic, c'est comme si il n'y avait pas de bénévoles...
Est ce que le bâtiment est en ruine ou est ce que c'est une affaire d'aménagement vieillot?
Et est ce qu'il n'y avait pas d'autres solutions (c'est à dire une idée que la mairie ne pourrait pas esquiver sans paraître de mauvaise foi), comme par exemple, ne rénover que deux salles pour éviter de partir sur des coûts hallucinants. Sur 30 000 habitants en art et essai, un 2 salles doit pouvoir s'en tirer non?
Et aussi la subvention de fonctionnement était elle légale (loi Sueur - pas plus de 30% d'apport des collectivités territoriales).
Je suis un peu curieux c'est vrai, mais depuis l'appel à pétition, j'ai creusé sur internet pour comprendre mais je n'arrive pas à cerner le sujet en dehors du fait que la mairie ne souhaite plus de Ciné.Ville.
Je n'ai pas signé la pétition parce que j'aurai préféré venir 2 fois par mois :mrgreen: , mais je suis trop loin. Je n'ai donc pas la "valeur morale" pour demander quoique ce soit, mais je souhaite bon courage et bonne chance à toute l'équipe du Ciné.Ville.

J-V.Fossard

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Message » mer. 22 nov. 2017 - 17:40

Un peu de lecture pour mieux comprendre
Brice Jarry
· 25 juillet 2017
Voilà c’est fini…ça pourrait être le début d’une chanson de Téléphone.
Mais c’est la fin de mon aventure de 13 ans presque jour pour jour avec le Cine.Ville de Conflans Sainte Honorine.

Toutes les bonnes histoires ont une fin me direz-vous. Sauf que là toutes ne sont pas très bonnes. A commencer par la fin que vous connaissez tous. Enfin ceux qui fréquentent la page facebook du cinéma. Et les autres s’en moquent…de mon histoire personnelle avec ce cinéma…et du cinéma aussi d’ailleurs.
Je pars vers d’autres aventures cinématographiques qui j’espère seront aussi intenses que celles que j’ai pu vivre ici en 12 ans et demi. J’enlève bien sûr ces 6 derniers mois ( voire un peu plus ) qui ont été vraiment « pourries » par cette atmosphère ambiante concernant la fermeture programmée de la salle. Ma lâcheté, penseront peut-être certains, ne m’a pas donné envie de continuer jusqu’au bout alors qu’une opportunité que je ne pouvais refuser s’offrait à moi car dans notre métier, très automatisé par le numérique, les offres se font plutôt rares. Et la non envie de me retrouver au chômage a été la plus forte. Voilà tout ce que je vous dirais sur ma petite histoire personnelle susceptible de vous intéresser un minimun.

Avant de partir, je souhaitais remercier plusieurs personnes. Tout d’abord tous les spectateurs qui nous ont, nous font et nous ferons encore confiance pour quelques semaines de plus et qui soutiennent la programmation du Cine.Ville.
Sylvie Pouyet grâce à qui les opérations comme Connaissance du Monde et Ciné Séniors notamment ont eu beaucoup de succès quand elle était encore présente dans l’organisation.
Le comité de soutien qui malgré les mauvaises nouvelles pour la salle qui s’accumulent ne lâche rien.
Les nombreux stagiaires qui se sont succédés et surtout les deux derniers, Nassim et Amandine qui contrairement à leurs prédécesseurs ( cantonnés aux tâches ingrates comme les travaux de peintures, nettoyages en tout genre ) ont eu la chance d’avoir comme responsable direct Jean-Vincent Fossard qui leur a permis de découvrir toutes les facettes intéressantes de la gestion d’un cinéma.

Et enfin un grand MERCI à Jean-Vincent. Avant son arrivée il y a un peu plus de 2 ans, ma vie au cinéma se résumait à travailler 6 jours sur 7 avec pour seul jour de repos, le dimanche. Travaillant 5 soirs par semaine. Pas simple pour la vie de famille… Jean-Vincent a sans difficultés réorganisé tout cela. Merci à lui. Pour l’intérêt de la salle, il s’y est investi à 100%. C’est lui qui depuis son arrivée se donne à fond pour vous proposer une programmation de qualité, pour organiser des soirées débats, faire venir les réalisateurs. Sans oublier la création de la journée anniversaire pour les enfants qui fût un véritable succès. Tout cela a permis d’augmenter les entrées à un niveau jamais atteint depuis 10 ans. Il n’a jamais compté ses heures allant même jusqu’à venir pendant ses jours de repos ou s’occuper de la programmation pendant ses vacances. Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit ici ou là, le responsable de tout ça c’est lui.

Quant à mes 13 ans de présence au Cine.Ville, ils se résument par un mail reçu la semaine dernière me prévenant que mes papiers de fin d’aventure me seront donnés par Jean-Vincent ( L’obligeant au passage à interrompre ses vacances) et un bon courage en fin de mail. Sans même un merci pour tout le travail accompli…

Au revoir.

Brice Jarry, opérateur-projectionniste, caissier au Cine.Ville de Août 2004 à Juillet 2017.