La nouvelle donne du cinéma à Lyon

Tout ce qui concerne les salles de cinéma...
Jean-François Buiré

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Re: La nouvelle donne du cinéma à Lyon

Message » dim. 7 déc. 2014 - 23:28

Rebonsoir,

En ce qui concerne notre projet de programmation : je ne vais pas paraphraser ce qui est déjà amplement développé sur notre site, auquel il a déjà été renvoyé plusieurs fois ci-dessus...

En ce qui concerne le « monopole » : là, je sens que nous ne pourrons pas nous entendre. Évidemment que « c'est un mot », mais comme disait l'autre dans 'Palombella rossa', « les mots sont importants ». Vitaux, même, au sens où la réalité morale, politique et sociale qu'ils désignent — particulièrement dans le cas d'un mot aussi lourd de sens que « monopole » ! — a des conséquences sur la vie des gens (et je dirai, en l'occurrence : même si cela prend des tours et des détours complexes, pas seulement sur la vie des « cinéphiles », ni même plus largement des spectateurs — sinon, cela aurait une importance qui ne serait pas nulle, mais qui serait tout de même très relative).

Il s'agit, je pense, d'une différence de vue trop fondamentale, et recouvrant des questions trop complexes, pour être réglée en quelques messages trop rapides, de ma part tout autant que de la vôtre !

Cordialement, quoi qu'il en soit,

JFBuiré

Charles

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 0:12

Bonsoir,

Je ne sais pas trop, on rentre dans un milieu qui touche des gens très "pointus" en cinéma, des modèles de programmation et des facteurs politiques. J'ai donné en spectacle, je préfère m'abstenir de trop jouer en France.

Je refuse toute forme de prêts, aides publiques car je juge que le risque est à prendre par nous. Donc trouver des sponsors, avouables ou pas, et qui me/nous foutent une paix éditoriale. J'ai bouclé un budget France à 77%, c'est précis. La salle qui devait programmer, elle ne risquait qu'un bide (probable,encore que ...) et 23 % d'engagements. Visiblement trop risqué, nous l'avons fait une fois en privé ... ailleurs, nous le refaisons le 19 une autre fois tout en aussi privé. Et c'est très bien ainsi !

Le spectacle a tourné au Japon, c'est subventionné par Hilton et le plus gros brasseur japonnais. Ils avaient deux spectacles (bossa et Baker/London), mission accomplie et nous continuons. Nous sommes d'un naturel très putes :D

Je crois que nous sommes bien trop compliqués en France, je regarde les festivals de chansons "alternatives". Soit, mon grand âge aidant, je me pisse dessus ou je trouve ça DRAMATIQUE. On laisse crever des Artistes de très grand talent pour des querelles de chapelles.Je pense à Rémo Gary, Natasha Bezriche et d'autres. Pas dans le cercle, mais Serge Utgé-Royo est marié avec la programmatrice du XXième...

Zieutez ..
http://www.nosenchanteurs.eu/

Ego mon ami, Kemper et ses chapelles et aigri comme pas possible. Il te fait la meilleure critique contre un billet monnaie, il faut arrêter. Ils font du monopole alternatif, je trouve ça aussi abject que la matraque Universal. Nous tournons Christophe en son, j'ai remis les pendules à l'heure depuis le Japon. Norbert Gabriel, modèle d'ouverture.

http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2014/10/16/christophe-faiseur-de-tubes-bricoleur-de-sons/

C'est tout.

Jean-François Buiré

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 15:00

Bonjour Charles,


J'ai l'impression que depuis le début de cette discussion, vous répondez à des messages (et à des accusations — de « prostitution financière », par exemple) que de mon côté, je ne reçois pas, ce qui expliquerait que la discussion en question devienne par moment pour moi assez obscure.

En tout cas, que cela soit clair : pour ma part, je n'ai jamais reproché à qui que ce soit (et cela d'autant moins dans votre cas que je ne vous connais pas !) de travailler avec des sponsors.

De la même façon, je croyais que nous avions exprimé de façon assez claire, dans notre communiqué et dans le dossier de présentation de notre projet de salle, que nous voulions éviter de fonder notre projet sur de la sollicitation d'argent public sous formes d'aides exceptionnelles (différentes des aides instituées telles que celle à la construction de salles de cinéma indépendantes prévue par la Région Rhône-Alpes).

Mais apparemment, il est nécessaire que j'explique de nouveau ici la façon dont nous avions abordé les questions financières : nécessaire non seulement par rapport à vos messages, mais aussi à celui de Diproj (même si à la différence de ce dernier, et quitte pour le coup à faire trop long, j'éviterai de recourir aux sous-entendus et aux raccourcis faciles à coup de smileys). Allons-y donc !


Depuis quelque temps déjà, notre projet de « création de salle de cinéma indépendante dans le centre-ville lyonnais » butait sur la question du lieu d'implantation. Lyon n'est pas Paris et pourtant, si l'on n'est pas adossé à un grand groupe capitalistique, il y devient extrêmement difficile en centre-ville d'accéder à des lieux qui soient à la fois disponibles, d'une surface propice et financièrement abordables. Les lieux vacants tombent très vite dans l'escarcelle des grandes enseignes, seules à pouvoir s'accommoder de la flambée des prix de l'immobilier et de la pratique déprimante du « droit au bail ». D'où le surinvestissement du centre de Lyon (comme de celui d'autres grandes villes) par les seules activités marchandes.

Or notre projet était spécifiquement pensé par rapport au centre-ville lyonnais : non pas par goût du luxe ou par mépris de la périphérie (procès d'intention absurde que certains nous ont fait, les Français étant, comme l'a écrit Keurdelion précédemment dans cette discussion, les champions du procès d'intention — toujours malintentionné, évidemment), mais parce que c'est là que, depuis une quinzaine d'années et malgré la reprise réussie du Comœdia, s'était formé un désert cinématographique.

Dans ces conditions, au lieu de solliciter la municipalité de façon directement financière, nous avons tenté de l'amener à envisager avec nous les possibilités de faciliter notre accession à des lieux d'implantation — qu'il s'agisse de lieux d'obédience municipale, ou qu'elle aurait préempté à l'occasion d'une cession — et de nous faire bénéficier d'un loyer d'un montant symbolique ou d'un bail emphytéotique (à l'image, par exemple, du bail emphytéotique de 35 ans que la Ville de Lyon a accordé au groupement Les Producteurs du Goût pour la reprise de la Halle de la Martinière), ce qui aurait permis à notre projet de ne pas être d’emblée grevé par les prix de l’immobilier. Or autant nous avions obtenu dès le début l'oreille attentive de la direction de l'exploitation au CNC et des différentes représentations culturelles (en particulier à la Région Rhône-Alpes, où l'on s'est montré réellement enthousiaste à l'égard de notre projet), autant il nous a été impossible de capter l'attention (je veux dire l'attention réelle, pas de pure façade) de la délégation à la culture de la Ville de Lyon, malgré toutes nos démarches en ce sens.

Cette aide non directement financière aurait été pourtant le coup de pouce initial dont nous avions besoin pour pouvoir nous lancer dans la recherche de financements : pour amorcer un montage financier, la condition sine qua non était de pouvoir désigner au préalable un lieu d'implantation. Ce montage financier aurait reposé 
sur cinq guichets principaux : 1. un apport financier personnel que nous étions parvenus à rassembler dernièrement (évidemment insuffisant pour amorcer à lui seul les travaux de construction, mais tout de même non négligeable) ; 2.les deux aides à la construction de salles de cinéma indépendantes (le CNC au niveau national, et la Région) ; 3. les emprunts bancaires ; 4. les bailleurs privés ; 5. en « complément » éventuel, l'ESS (Économie Sociale et Solidaire).

Malgré l'enthousiasme réel dont ont témoigné les représentants de la culture à la Région, nous savions dès le départ que celle-ci ne nous ferait pas bénéficier de son aide à la construction de salle (encore une fois : il s'agit d'une aide instituée, et non pas exceptionnelle) si la Ville ne faisait pas un geste significatif au préalable, dans la mesure où il s'agissait d'un projet à l'échelle municipale, en premier lieu. Or cette aide est un des très rares mécanismes de ce type, les subventions dévolues à la création de salles indépendantes étant sans commune mesure avec celles qui existent pour la production cinématographique.

Le montant que nous avions estimé pour le premier budget prévisionnel de construction de notre salle (dotée de trois écrans), qui se situait entre 1 335 000 et 1 850 000 euros, a souvent fait lever au ciel les yeux de nos interlocuteurs. Ce montant était pourtant à évaluer au regard du budget moyen d'un long métrage français en 2013, qui est de 4 700 000 euros, soit un montant 2,5 à 3,5 fois plus élevé pour un seul film. Or la salle que nous souhaitions construire aurait permis de montrer chaque année plusieurs dizaines de longs métrages...

(Il s'agissait d'une première ébauche de budget « hors-sol », en l'absence, au moment où nous l'avons établi, de perspective de lieu d'implantation dans Lyon intra-muros, pour les raisons que j'ai dites plus haut. Mais nous étions nous-mêmes en train de réfléchir à la question de la reprise des CNP, qui étaient sur le point d'être mis en redressement, et d'envisager ce que cela impliquait financièrement, lorsque leur reprise par l'Institut Lumière a été annoncée.)

Par rapport à la reprise de la Fourmi et des CNP, l'Institut Lumière, de son côté, brandit l'apport des banques pour se dédouaner, et fait beaucoup d'efforts dans sa communication à propos de cette reprise pour prévenir le soupçon d'imbroglio public/privé en affichant la séparation juridique entre l'Institut proprement dit et le festival Lumière d'une part, et la société Cinémas Lumière récemment créée d'autre part. Mais pour ce qui est de l'Institut et du festival, ils sont tout de même massivement financés par des collectivités territoriales.


Voilà ce que je devais sans doute ré-expliquer ici, bien que cela ait déjà été dit dans notre dossier en ligne, et à d'autres endroits (entretiens avec des médias ou des blogs cinéphiles) sur Internet.

Mais encore une fois, peut-être de votre côté répondiez-vous, Charles, à des messages que je n'ai pas reçus, ou bien ce que je ne comprends pas dans vos réponses s'inscrit-il dans des discussions plus anciennes que vous avez eues sur ce forum !

Cordialement,

JFBuiré

Charles

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 17:18

Jean-François Buiré a écrit :Bonjour Charles,


J'ai l'impression que depuis le début de cette discussion, vous répondez à des messages (et à des accusations — de « prostitution financière », par exemple) que de mon côté, je ne reçois pas, ce qui expliquerait que la discussion en question devienne par moment pour moi assez obscure.

Bonjour,

J'illustrais la donne française, cela ne s'applique pas à vous. Et au spectacle ... Oui je refuse les aides ADAMI et après ... Nous payons les répétitions :roll:

En tout cas, que cela soit clair : pour ma part, je n'ai jamais reproché à qui que ce soit (et cela d'autant moins dans votre cas que je ne vous connais pas !) de travailler avec des sponsors.


Je ne vous ais rien reproché, je prend la température d'un projet d''ensemble.

De la même façon, je croyais que nous avions exprimé de façon assez claire, dans notre communiqué et dans le dossier de présentation de notre projet de salle, que nous voulions éviter de fonder notre projet sur de la sollicitation d'argent public sous formes d'aides exceptionnelles (différentes des aides instituées telles que celle à la construction de salles de cinéma indépendantes prévue par la Région Rhône-Alpes).


Nous nous rejoignons, mais c'est notre vision. Je l'avais noté plus haut ....

Depuis quelque temps déjà, notre projet de « création de salle de cinéma indépendante dans le centre-ville lyonnais » butait sur la question du lieu d'implantation. Lyon n'est pas Paris et pourtant, si l'on n'est pas adossé à un grand groupe capitalistique, il y devient extrêmement difficile en centre-ville d'accéder à des lieux qui soient à la fois disponibles, d'une surface propice et financièrement abordables. Les lieux vacants tombent très vite dans l'escarcelle des grandes enseignes, seules à pouvoir s'accommoder de la flambée des prix de l'immobilier et de la pratique déprimante du « droit au bail ». D'où le surinvestissement du centre de Lyon (comme de celui d'autres grandes villes) par les seules activités marchandes.

Or notre projet était spécifiquement pensé par rapport au centre-ville lyonnais : non pas par goût du luxe ou par mépris de la périphérie (procès d'intention absurde que certains nous ont fait, les Français étant, comme l'a écrit Keurdelion précédemment dans cette discussion, les champions du procès d'intention — toujours malintentionné, évidemment), mais parce que c'est là que, depuis une quinzaine d'années et malgré la reprise réussie du Comœdia, s'était formé un désert cinématographique.

Dans ces conditions, au lieu de solliciter la municipalité de façon directement financière, nous avons tenté de l'amener à envisager avec nous les possibilités de faciliter notre accession à des lieux d'implantation — qu'il s'agisse de lieux d'obédience municipale, ou qu'elle aurait préempté à l'occasion d'une cession — et de nous faire bénéficier d'un loyer d'un montant symbolique ou d'un bail emphytéotique (à l'image, par exemple, du bail emphytéotique de 35 ans que la Ville de Lyon a accordé au groupement Les Producteurs du Goût pour la reprise de la Halle de la Martinière), ce qui aurait permis à notre projet de ne pas être d’emblée grevé par les prix de l’immobilier. Or autant nous avions obtenu dès le début l'oreille attentive de la direction de l'exploitation au CNC et des différentes représentations culturelles (en particulier à la Région Rhône-Alpes, où l'on s'est montré réellement enthousiaste à l'égard de notre projet), autant il nous a été impossible de capter l'attention (je veux dire l'attention réelle, pas de pure façade) de la délégation à la culture de la Ville de Lyon, malgré toutes nos démarches en ce sens.

Cette aide non directement financière aurait été pourtant le coup de pouce initial dont nous avions besoin pour pouvoir nous lancer dans la recherche de financements : pour amorcer un montage financier, la condition sine qua non était de pouvoir désigner au préalable un lieu d'implantation. Ce montage financier aurait reposé 
sur cinq guichets principaux : 1. un apport financier personnel que nous étions parvenus à rassembler dernièrement (évidemment insuffisant pour amorcer à lui seul les travaux de construction, mais tout de même non négligeable) ; 2.les deux aides à la construction de salles de cinéma indépendantes (le CNC au niveau national, et la Région) ; 3. les emprunts bancaires ; 4. les bailleurs privés ; 5. en « complément » éventuel, l'ESS (Économie Sociale et Solidaire).


Vous-vous heurtez à la réalité économique ... Comme je m'y suis heurté, d'une autre façon, en spectacle. Il nous manquait 23% du montage financier.

Malgré l'enthousiasme réel dont ont témoigné les représentants de la culture à la Région, nous savions dès le départ que celle-ci ne nous ferait pas bénéficier de son aide à la construction de salle (encore une fois : il s'agit d'une aide instituée, et non pas exceptionnelle) si la Ville ne faisait pas un geste significatif au préalable, dans la mesure où il s'agissait d'un projet à l'échelle municipale, en premier lieu. Or cette aide est un des très rares mécanismes de ce type, les subventions dévolues à la création de salles indépendantes étant sans commune mesure avec celles qui existent pour la production cinématographique.

Le montant que nous avions estimé pour le premier budget prévisionnel de construction de notre salle (dotée de trois écrans), qui se situait entre 1 335 000 et 1 850 000 euros, a souvent fait lever au ciel les yeux de nos interlocuteurs. Ce montant était pourtant à évaluer au regard du budget moyen d'un long métrage français en 2013, qui est de 4 700 000 euros, soit un montant 2,5 à 3,5 fois plus élevé pour un seul film. Or la salle que nous souhaitions construire aurait permis de montrer chaque année plusieurs dizaines de longs métrages...

(Il s'agissait d'une première ébauche de budget « hors-sol », en l'absence, au moment où nous l'avons établi, de perspective de lieu d'implantation dans Lyon intra-muros, pour les raisons que j'ai dites plus haut. Mais nous étions nous-mêmes en train de réfléchir à la question de la reprise des CNP, qui étaient sur le point d'être mis en redressement, et d'envisager ce que cela impliquait financièrement, lorsque leur reprise par l'Institut Lumière a été annoncée.)

Par rapport à la reprise de la Fourmi et des CNP, l'Institut Lumière, de son côté, brandit l'apport des banques pour se dédouaner, et fait beaucoup d'efforts dans sa communication à propos de cette reprise pour prévenir le soupçon d'imbroglio public/privé en affichant la séparation juridique entre l'Institut proprement dit et le festival Lumière d'une part, et la société Cinémas Lumière récemment créée d'autre part. Mais pour ce qui est de l'Institut et du festival, ils sont tout de même massivement financés par des collectivités territoriales.


Voilà ce que je devais sans doute ré-expliquer ici, bien que cela ait déjà été dit dans notre dossier en ligne, et à d'autres endroits (entretiens avec des médias ou des blogs cinéphiles) sur Internet.


Merci d'avoir fait cet effort, je comprends l'amertume

Mais encore une fois, peut-être de votre côté répondiez-vous, Charles, à des messages que je n'ai pas reçus, ou bien ce que je ne comprends pas dans vos réponses s'inscrit-il dans des discussions plus anciennes que vous avez eues sur ce forum !


Je suis réputé pour répondre à coté et hors sujet, ce qui n'est jamais innocent. Ma famille a eu le Kinopanorama, je vais être très court. Je co-exploitais une salle municipale dont le deal est de ne pas couter UN ROND à la Municipalité. Et dans une ville très chère de l'Eure, pas très loin de Giverny.

Mais voila, je crois aux actes, pas aux longs montages et palabres inter-humains. Je suis PCF, notre Maire est UMP: nous sommes cinéphiles: il nous fout une paix royale.

Charles

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 17:28

Je résume toujours par de la musique, deux chansons ont marqué ma vie. Une de mon chèr Leny.



L'autre de Léo Ferré..



Un taré en politique a dit la France tu l'aimes ou tu la quittes, j'ai choisi mon camp et elle me débecte.

Pas qu'en cinéma, pas qu'en culture.

@+ mais j'ai beaucoup aimé échanger.
Modifié en dernier par Charles le lun. 8 déc. 2014 - 17:39, modifié 1 fois.

Charles

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 17:35

Et comme vous écrivez très bien, je vous offre une vision que j'ai des mots. C'est Bernard Joyet qui a écrit cette chanson, elle est dans les cinquante que j'emporte sur une ile déserte.



et celle-ci pour ma haine de toute religion, chapelle et autres ....


Jean-François Buiré

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 18:07

Merci beaucoup Charles pour ces éclaircissements !

J'avais sans doute fait un mixte malheureux entre ce que je ne comprenais pas dans vos messages et ce que j'ai cru trop bien comprendre de celui de Diproj.

Les chansons d'Escudero et de Ferré sont formidables, l'une très émouvante et l'autre bouleversante. J'écouterai celles de Joyet à mon retour !

Et pour partir moi aussi sur une chanson, en voici une qui résume assez bien la situation :

https://www.youtube.com/watch?v=cDZq89zwogk

Au plaisir,

JFBuiré

Jean-François Buiré

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 18:12

L'une très émouvante et l'autre HILARANTE !

Charles

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Message » lun. 8 déc. 2014 - 18:34

Bonsoir,

Trenet écrivait des textes à tiroirs, Papa pique et maman coud en disait très long sur qui il était en vrai. Une personne remplie de paradoxes et très mal à l'aise dans sa peau.

Je refais une date en France, c'est pour aider un ami brésilien qui est dans la merde. Tous les musiciens donnent et -alors ça, c'est rare -la salle gratuite. Elle a à se faire pardonner, c'est bien qu'elle le fasse.

On privatise pour que la générosité du milieu jazz-bossa joue. Donc pas de billetterie fixe, c'est un don et nous déclarons tous les titres.

Je ne VEUX plus jouer en France, ça se termine souvent très mal. Sur des dates, j'ai quitté le plateau presque en y rentrant :D Je pense qu'il y a un lissage vers le bas de la culture, un manque de respect avec les gens qui se produisent et une qualité d'écoute pas toujours au rendez-vous. Je crois que c'est pareil en cinéma, on lisse par le bas ET la communication. Voir le cas de Nolan ...

Le Japon est nase par bien des cotés, mais question production et même certains cinémas "pointus": c'est un respect absolu. En concert, on entend une mouche voler... Ma femme a une petite notoriété en chanteuse-pianiste de jazz là-bas, moi c'est assez discret. La NHK musique nous a offert LE concert dont NOUS rêvions. J'ai dit au Directeur de la programmation, vous nous avez offert plus que ce dont nous rêvions.

Passer du jazz-bossa en France sur une thématique, même pas en rêve. Seul Mezzo, qui a acheté le concert, s'y risque. Donc nous nous cassons, j'ai assez luté pour que ça bouge. Maintenant, mes proches et notre fille toute neuve :D Sans aigreur aucune, je pense que ça ne ce serait pas bien passé (souvenir d'une sono de João Gilberto, hué).

@+

diproj

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Message » mar. 9 déc. 2014 - 0:33

Jean-François Buiré a écrit :Bonjour Charles,



Mais apparemment, il est nécessaire que j'explique de nouveau ici la façon dont nous avions abordé les questions financières : nécessaire non seulement par rapport à vos messages, mais aussi à celui de Diproj (même si à la différence de ce dernier, et quitte pour le coup à faire trop long, j'éviterai de recourir aux sous-entendus et aux raccourcis faciles à coup de smileys). Allons-y donc !


FBuiré


Bonsoir Jean François
je pense que vous m'avez mal compris quand je dis que je ne connais pas les problèmes de l’exploitation de la région Lyonnaise (en matière d’offre de demande et d’équipements) c'est tout a fait vrai
Par contre pour ce qui est de mon expérience en matière de difficultés pour monter un projet similaire au votre dans un centre ville cela fait 21ans que je suis dessus et je n'y arriverais pas seul. Donc je vais m'adosser a une structure qui vas pouvoir finaliser ce projet (la loi sur le non cumul des aides concernant un même lieu culturel a fini de me persuader que je ne pourrais pas monter ce projet en toutes liberté) Nous avons trouvé un investisseur qui en contre partie de son effort financier aura certainement et c'est normal des exigences de rentabilité d’où ma réflexion sur la notion d’indépendance car je sais par expérience que pour finaliser ce projet j'ai en partie perdue la mienne. Je gérè aussi des salles en DSP je peux vous dire que là aussi les cahiers des charges des DSP ne sont pas garant d'une totale liberté d'expression résultat dans presque tous les cas l’indépendance est très difficile a obtenir et a garder. Ce qui m'a de suite interpellé dans votre premier post c'est que justement cette notion 'd’indépendance(tout a fait louable) était mise en avant alors que la suite du texte sur le financement allait a l'encontre de cette volonté. Mais il faut être réaliste un cinéma indépendant actuellement avec les contraintes des constructions ne peut plus financer les murs d'un cinéma de centre ville donc ou la ville prend en charge le bâti ou c'est un investisseur qui finance mais dans les 2 cas c'est une perte d’indépendance voila le seul but de mon intervention juste la traduction d'une expérience personnelle.
" Je ne sais pas si Dieu existe, mais s'il existe, j'espère qu'il a une bonne excuse ." Woody Allen.
Avec toutes les horreurs que l'homme commet au nom de Dieu il ne va rien rester pour le diable.

Charles

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Message » mar. 9 déc. 2014 - 9:12

Salut,

On se partage sur ce point. Lyon semble avoir le particularisme d'avoir Lumière et des acteurs assez importants du cinéma, Tavernier (encore que...) et Frémeaux. La donne sur un monopole, j'ai simplement demandé de la préciser car cela veut TOUT et RIEN dire. On ne va pas y aller langue de bois.

Si Frémeaux veut favoriser des "protégés" de son cercle, il faut tout faire contre. S'il ne montre pas des signes inquiétants de "copinage", je pense qu'il faut changer de relationnel humain et tenter le coup de faire passer quelques idées du projet. Le maximum, le projet me semble bien fichu.

Je peste contre certaines initiatives, car ce n'est pas ouvrir mais cliver. On spécialise un lieu sur un cinéma de Pays, de style, d'orientation de vie (religieuse, politique, sexuelle, etc...). Il ne devrait pas avoir de scission entre un cinéma américain qualitatif, je sors des machines à fric, anglais, français et un cinéma marocain ou sénégalais.

De même, le projet a été envisagé, entre le cinéma tout court est un cinéma dit "orienté gay-lesbien et bi". Ce truc a un nom: du lobbying et de la segmentation de groupe. C'est abject !

Le Kinopanorama est né pour véhiculer une propagande politique, le soviétisme. Outre le coté grand-spectacle, Jean-Placide Mauclaire n'a pas trop suivi cette voie. Les gros cartons, c'est avec des films de romans et des ballets filmés. Je crois qu'en regardant ce qu'avait fait Mauclaire (et SURTOUT pas Pierre), on peut dégager un modèle qui me conviendrait encore assez bien.

Je pense que sur la quarantaine de films sortis par la DIC, seuls 20% ont une idéologie politique et très peu marquée. Le plus présent est probablement "Les années de Feu", le film avait eu un accueil triomphal à Cannes y compris par l'Aurore.

Je crois que dans ce projet, il y a un vrai problème de relations humaines qui fait que le contact n'arrive pas à se faire. Si Frémeaux veut faire du copinage, rassurez-vous: ça ne marchera pas...

@+

Jean-François Buiré

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Message » mar. 9 déc. 2014 - 20:35

Bonsoir,

Je ne peux pas dans l'immédiat, mais je reprends cette discussion dès que possible !

Mais d'ores et déjà, merci à Dirpoj pour ses précisions, et je suis bien d'accord avec Charles quant à l'horreur des niches et des lobbys, ayant moi-même écrit ailleurs sur Internet à propos de notre projet (cela fait bizarre de se citer soi-même, mais par manque de temps je suis souvent amené à le faire en ce moment) :

« La conception du projet de programmation s'est fondée sur cette conscience du fait que, désormais, tout un chacun peut devenir son propre programmateur sans bouger de chez lui. Si l'on met de côté la question des conditions de visionnage et de la qualité des copies (quoique la HD domestique soit à portée de téléchargement), un ordinateur permet désormais d'accéder dans des délais très courts, que ce soit par des moyens légaux ou non, à plus de films que le plus vorace des cinéphiles n'en pourrait absorber en plusieurs vies.

L'accès aux films pris un par un n'étant plus un problème, c'est le moment ou jamais d'inventer en termes de programmation. Nous entendons par « programmation » une façon de monter les films entre eux — tous les films, de toutes époques, de tous pays et de tous types. Notre credo n'est pas neuf, mais il pourrait se perdre ou se diluer à un moment où, lorsqu'on est censé proposer une programmation ambitieuse, on tend à ne plus concevoir les spectateurs qu'en termes soit de « niches » (le cinéma bis, geek, queer, expérimental, documentaire, classique, militant, de genres, etc.), soit au contraire de foules fascinées par de grands événements ponctuels, hyper-médiatisés et subventionnés (qui ont leur intérêt et leur public, mais qui ne sauraient remplacer une proposition de cinéma quotidienne et pérenne). Or ce credo ancien de la cinéphilie, qui nous semble toujours le seul valable moralement et artistiquement, intellectuellement et esthétiquement, c'est que le cinéma est comparable à l'humanité. Depuis un demi-siècle, on sait que le concept de race n'a pas de validité scientifique : l'humanité est un continuum, avec des différenciations progressives qui suscitent des types culturels et morphologiques variés, lesquels sont au fondement de la diversité et de la richesse de « l'espèce humaine ». Le cinéma, c'est la même chose : au bout du compte, il est un, dans toute sa diversité. À partir de là, ce sont les visions de cette unité du cinéma qui devraient différer, d'une programmation à une autre, d'une salle à une autre. Or l'idée que chaque salle devrait, sans pour autant tomber dans des phénomènes de niche, affirmer et revendiquer des goûts et des dégoûts, des principes et des rejets qui, par leur cohérence, fonderaient une vision particulière de cette unité cinématographique — cette idée devient aussi rare que des fleurs en plein Sahara. »

À bientôt !

JFBuiré

Charles

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Message » mar. 9 déc. 2014 - 21:47

Bonsoir,

Ce n'est pas le même projet, nous avons une programmation qui est assez participative. Les locaux abonnés à l'espace peuvent donner leurs souhaits. Stéphane regarde ce qui est possible ou pas, il attache une importance à la qualité du support. Il y a accord sur des thématiques avec des écoles et lycées à l'année. Il y a des programmes sur des structures de loisirs (danse, musique...). En hors standard (16mm souvent), des films régionaux (souvent d'amateurs).

C'est ouvert, non regardé par la municipalité et participatif. Les derniers exemples en date, "Tchaïkowsky", "Tosca", "The wall", "Rolling Stones", "Le salon de musique" et des "African-American films". Je dis ça de mémoire, mais c'est le genre de la Maison...

D'un autre coté, l'Eure a connu une actualité sociale assez dramatique entre 75 et ... maintenant avec Wonder, Klaxon et autres. Du 16 mm a été tourné par la CGT, une séance a été faite... ouverte. Si des lycées étudient un roman, nous essayons de sortir une ou des version(s) du roman adaptée(s) au cinéma, avec l'accord des enseignants. Parfois des élèves...

On ne travaille pas au format, rien à faire. On ne publie pas la programmation en PQR/Nationale et ... on s'en sort assez bien. Mais, avec la polyvalence évènements, répétitions de spectacles, visions et autres. Qui demande de travailler dans la discrétion :D Si nous n'avions que le cinéma public, nous serions cuits.

C'est tout.

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