Baisse des entrées en 2018

Discussions en rapport avec le cinéma et les techniques cinématographiques.
bruno91

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Baisse des entrées en 2018

Message » mar. 30 oct. 2018 - 19:44

Les chiffres des entrées en 2018 sont en baisses par rapport aux années précédentes...
Qu'en est-il chez vous ? Et pour qu'elle raison ?

MOSS

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Message » mar. 30 oct. 2018 - 22:52

C'est la tendance nationale? Je ne suis pas vraiment concerné là où je bosse, mais je suppose qu'il suffit d'enlever trois à cinq "films-phénomènes" par an pour que ça ait l'air de plonger?
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème!

vekoma

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Message » mar. 30 oct. 2018 - 23:04

Il y a eu le mondial de football cet été, il parait que ça a joué dans cette baisse...

Coeur Noir

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 1:14

Le foot ( comme à chaque coupe du monde ) + un été très …estival ( ça y est l'argument on a la clim' n'est plus suffisant ) + des films grosse pointure pas si performants ( MI6, Indestructibles 2, Transylvanie 3… ) + des films qui auraient dû être moyens en terme d'entrées qui se sont contentés de floper ( la plupart des comédies françaises d'avril à début septembre ) + d'autres qui auraient pu faire mieux si pas obligés de réduire leur voilure pour les nouveautés ( Jurassic World FK est un drôle de cas cette année )…

…les sous ! C'est bien joli de demander aux salles de faire la chasse aux vilains pirates, mais quand les pirates deviennent des clients officiels de plateformes VOD légales payantes, ça, ça fait des spectateurs en moins dans les salles : qui a les moyens de payer tant d'abonnements : TV, internet, mobiles, jeux vidéos, réalité virtuelle, VàD, p0rn, salle de sport, cours d'équitation, école de musique, que sais je + des places de cinéma ???

Mais bon faut pas le dire.

Tout comme il ne faut pas dire : à l'heure du numérique et de la dématérialisation, les salles n'ont toujours pas accès aux films qu'elles souhaitent au moment opportun, quand les médias ( globaux, instantanés, immédiats, classiques ou web, sociaux et autres ) parlent d'eux et génèrent des envies chez les spectateurs.

Peut-on m'expliquer pourquoi la profession considère encore normal aujourd'hui qu'un film sorte d'abord dans les grandes villes pour n'arriver que 3 à 5 semaines plus tard dans les moyennes et petites villes ? Pour tout le reste, aujourd'hui, tout le monde a accès à quasiment tout, partout, en même temps… mais les films, non. À l'ère préhistorique de la circulation des copies physiques, je peux comprendre, mais aujourd'hui ?

La famille au fin fond de < mettre ici un nom de région qui évoque le trou de balle de l'univers pour vous > ne parcourra pas 75 km pour aller voir un film ( trop cher vu le pognon qu'elle dépense déjà ailleurs ). Par contre elle irait sans doute voir dans son ciné local le film dont tous les médias parlent à tel moment. Maintenant. Pas 5 semaines plus tard quand un autre titre fera alors la hype ou le buzz…

casa3166

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 9:32

Bonjour,
Peut-on m'expliquer pourquoi la profession considère encore normal aujourd'hui qu'un film sorte d'abord dans les grandes villes pour n'arriver que 3 à 5 semaines plus tard dans les moyennes et petites villes ?

Peut être parce qu’il y a un intérêt direct quand tu es un multiplexe ou une chaîne de cinés.
Qu'en serait-il si les salles du mono écran au multiplexe avaient toutes accès aux films au même moment par la multiplication des copies ou plutôt l'accès en téléchargement, on est effectivement à l'heure du numérique ?
Qu'elle serait la réaction des grands pontes de la grande exploitation si d'un coup le petit ciné du quartier pouvait mettre à l'affiche le même film que le multiplexe au moment de sa sortie voire en AVP ?
Sur la profession il suffit de regarder qui compose les diverses commissions pour imaginer où se placent leur intérêts.
Les distributeurs, ou plutôt la politique de distribution, sont aussi complices de cet état de fait quant à la mise à disposition des films et jouent sur le nombre de copies.
Netflix l'a bien compris avec ses 130 millions d'abonnés et son implication dans le financement de films.
A quand l'apparition de salles de cinéma sous l'enseigne NETFLIX à la mode Gaumont /PATHE / CGR ... où seraient diffusés leurs films et autres sur grand écran - ce serait drôle même si cela n'en prend pas le chemin du moins en France - exception culturelle oblige.

Bonne journée

casa3166

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 9:52

Pour illustrer mon propos
Comme quoi c'est déjà dans l'air du temps chez NETFLIX
https://www.20minutes.fr/arts-stars/cin ... ma-netflix

Stef89

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 10:11

C'est peut être (mais attention, la vision qui suit est probablement simpliste) aussi une façon de faire de la diversité. Les gros cinoches ne diffusent que ce qui fait de l'argent, les petits font de la diversité et pour compenser, on les fait vivre de subventions (labels en tout genre). Et on embête pas les groplexes en les obligeant à passer des films qui ne rapportent pas.
La proximité des petits cinéma en prend un coup puisque une grande partie de leur clients qui ne sont pas fan des films un peu "confidentiels" (pas péjoratif) n'ont droit qu'à une proximité très diminuée...

denis

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 10:28

J’ai mon avis là dessus mais ont s’écartent du sujet principal non?

casa3166

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 11:03

Bonjour,
Denis
Oui on s'écarte effectivement du sujet initial (baisse des entrées 2018) mais pourquoi ne pas donner ton avis puisque tu en as un, ce qui serait certainement plus intéressant que ce pseudo rappel "à l'ordre".
Sur la baisse de la fréquentation elle n'est pas certainement exclusivement liée à la météo, au foot ou à l'offre en matière de films - Coeur Noir a raison en élargissant le sujet sur l'accès aux films - histoire de donner plus de profondeur à la réflexion.

Stef89
Sur la diversité et le coté proximité ce n'est pas l’apanage des petits cinémas - Rien n'empêche un groplexe de se mettre à l'AE et aspirer aussi ce type de public.
http://www.tourisme-marseille.com/fiche ... marseille/
https://www.lyonne.fr/sens/loisirs/art- ... 48255.html
C'est uniquement le montant de la subvention AE qui diffère en fonction des critères.
C'est donc en partie cette impossibilité d'accès aux films dans des délais corrects qui "impose " dans une certaine mesure cette orientation des petits cinémas vers une programmation essentiellement / majoritairement AE et la pêche aux subventions CNC.
Quel cinéma fut-il au fin fond de la campagne n'aimerait pas pouvoir passer des films en AVP, avoir la possibilité de programmer un film le jour de sa sortie, histoire d'augmenter sa fréquentation, donc ses recettes, tout en ayant un équilibre avec la programmation AE pour des films plus "confidentiels"?

rappa

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 14:34

L'arrivée des films en 5e semaine dans les petites salles s'expliquent aussi et surtout par les VPF, les distributeurs n'ont pas envie de douiller cette taxe pour une salle qui va faire des chiffres médiocres voire mauvais. Par contre ils n'ont pas trop le choix que de faire des courbettes à Mr Gaumont ou Mr UGC et de régler les VPF rubis sur l'ongle chez eux s'ils veulent que leur film vive.
La fin des VPF (cette année je crois) devrait modérer cette tendance petites salles = S+5

casa3166

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Message » mer. 31 oct. 2018 - 15:27

Bonjour,
Tiens un autre axe de réflexion même si on s'éloigne du sujet.
La disparition des projecteurs numériques et des écrans voire des cabines avec le personnel attaché (projectionniste) au profit des écrans dynamiques (active screens) présenté comme l'avenir pour les salles.
Voir l'article de SONY (en anglais - désolé)
https://www.linkedin.com/pulse/time-tak ... ver-pasch/

Quand notre projecteur arrivera en fin de vie, que les VPF ne seront plus là.

Que feront la profession, les pouvoirs publics (CNC) à ce moment là ? S'opposeront-ils à cette technologie qui signera l'arrêt définitif de la profession de projectionniste ou applaudiront-ils des deux mains car il s'agira de pouvoir ainsi, encore et à nouveau, baisser la masse salariale ?

Coeur Noir

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Message » jeu. 1 nov. 2018 - 0:23

Notez qu'en parlant d'accès aux films, je fais exprès de ne pas mentionner un « type » de films ou une « catégorie » de salles.

Bien sûr qu'au delà d'une certaine « taille » d'exploitation on a accès à tout ce qu'on veut.

Le problème est pourtant plus large. Si on veut du monde dans ses salles ( quelle que soit leur taille ) il faut pouvoir proposer aux spectateurs des films pour lesquels ils sont prêts à ouvrir leur porte-monnaie. Si tous les goûts et désirs sont dans la nature en même temps, la patience a des limites très variables d'un spectateur à l'autre, l'attente se transforme souvent en dévalorisation.

@rappa « L'arrivée des films en 5e semaine dans les petites salles s'expliquent aussi et surtout par les VPF » alors ça, non, vraiment pas. Les VPF n'ont fait qu'officialiser voire ritualiser une chronologie constatée depuis des décennies avant l'arrivée du numérique. Une époque où l'ADRC, les distributeurs mandataires régionaux ou des ententes de programmation organisaient la deuxième vie des copies après leur lancement à la grande ville…

Dire c'est la faute des VPF c'est mal comprendre leur rôle : si on compare la circulation des films aujourd'hui en tout num' avec 10-12 ans en arrière sans num' rien n'a changé et c'était le but : empêcher une dérégulation sauvage, empêcher que la contribution financière à l'équipement numérique devienne un critère de programmation. En fait ça a très bien fonctionné. Du point de vue circulation des films.

Par contre autour des films, le marketing, la com', la médiatisation, les financements, là oui il y a eu énormément de changements. Pour à peine caricaturer : il y a 15 ans quand tu passais un film en 4ème ou 5ème ça semblait acceptable et compréhensible ( circulation d'un nombre fini de copies, délai de retirage, etc ) alors qu'aujourd'hui si tu ne proposes pas le truc au moment même où tout le monde en parle sur Twitter ou Facebook, tu passes pour un has-been, puisqu'après tout y'a qu'à le télécharger !

@casa3166 « Peut être parce qu’il y a un intérêt direct quand tu es un multiplexe ou une chaîne de cinés. Qu'en serait-il si les salles du mono écran au multiplexe avaient toutes accès aux films au même moment par la multiplication des copies » Je pense que ça raccourcirait la carrière de certains films sans réduire leur fréquentation. Voire l'augmenterait. Les entrées faites dans tous les Tripatouillis-Les-Oies de France tu ne les aurais de toute façon pas faites uniquement à Paris, Lyon ou Toulouse, car les spectateurs ne sont pas si mobiles que ça : si le truc que tu veux voir passe à moins de 10 minutes de chez toi tu vas pas aller 45 bornes plus loin et 10€ plus cher, vu le prix de l'essence ;-) Globalement je crois que ça permettrait à toutes les salles de proposer davantage de films, donc de toucher des publics potentiellement différents, aux temporalités différentes.

Bref. Moins d'entrées en 2018 ( reste 2 bons mois quand même ) :
- le foot, la météo, ok.
- quelques déconvenues sur des films attendus, ou peu de bonnes surprises en fréquentation,
- des films qui ne méritaient peut-être pas tant d'écrans ? ( et donc empêchent à d'autres de trouver leur place… )
- des salles qui n'ont pas accès au bon moment « médiatique » à des films,
- des spectateurs de moins en moins patients,
- et qui dépensent leur sous ailleurs ( peut-on leur reprocher, lol ? ) et parfois même pour regarder des films chez eux ( comment leur reprocher ça puisqu'on ne passe pas les films qu'ils veulent voir, près d'eux, et que ça fait des années qu'on leur rabâche que le piratage ça tue la filière… )

Le discours ambiant au congrès FNCF c'était : trop de films globalement, trop en même temps, trop de films médiocres surtout, trop de …piratage, Netflix c'est le mal ( ce qui est vrai sur le plan fiscal et concernant le financement de la filière cinéma ), on fait quoi si Canal+ n'est plus un partenaire privilégié ( et ô surprise Canal vient de quitter les négo sur la chronologie des médias… ) Évidemment ce sont des sujets cruciaux à l'échelle de la profession. Est-ce qu'on n'oublie pas les envies des spectateurs dans l'équation ? Après tout, le piratage, Netflix et consorts, ça dit surtout que les gens veulent encore voir des films ( et des concerts, spectacles, des documentaires, des séries, des one wo⋅man show… ) et que nous devons pouvoir proposer autant et mieux et vite et en exclusivité. Est-ce que les partenaires des salles ( producteurs, distributeurs mais aussi installateurs, fournisseurs de caisses et plate-formes de réservation… ) y croient encore, à la salle de cinéma ?

MOSS

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Message » jeu. 1 nov. 2018 - 2:12

Merci de tes posts, toujours denses, instructifs argumentés et plein de punchlines. On dirait un bon film.
S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème!

rappa

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Message » jeu. 1 nov. 2018 - 10:41

Alors concernant les VPF, je comprends bien que ça a été créé pour maintenir le schéma de circulation tel qu'il existait à l'époque du 35.
Mais aujourd'hui, dans ma salle, on a rien avant la 5e semaine et c'est le motif qu'avancent les distributeurs pour nous refuser les copies, en gros : "vous ne faites pas d'assez gros chiffres pour que nous payions des VPF chez vous".
Après le spectre du piratage ça fout les foies au "gros" du secteur, des sociétés comme Disney, Universal ou aujourd'hui Netflix peuvent perdre quelques miettes de leur maxi gâteau à cause de cela, mais les acteurs plus modestes n'y perdent rien à mon avis.
L'autre axe de développement des salles c'est de maintenir les avancées techniques (lumière laser, puis écran LED, Atmos, 3D, 4DX, 4K, 8K, etc...). Perso ça ne me fait pas rêver, mais c'est attendu du public, et les gros exploitants s'en servent pour grossir leur marge. Il y a un risque dans cette orientation, c'est que la bataille se joue contre le home-cinéma, qui progresse à pas de géant et dont la qualité égale et dépasse (selon les critères geeks) même parfois déjà les salles les plus modestes.

M'enfin, ne pleurons pas avant d'avoir mal, attendons les chiffres définitifs de l'année, et remettons les en perspective sur le moyen terme. La première crise de fréquentation des salles date des années 20, et beaucoup y ont vu la fin de cet art mineur. Un siècle plus tard, y a encore quelques dinosaures dont c'est le métier, ne l'enterrons donc pas trop vite.

victoria18

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Message » jeu. 1 nov. 2018 - 10:54

Programmation des films parfois étranges : Je suis parti un mois en vacances, j'ai donc raté le dernier Mission impossible, car à mon retour il ne passait plus que dans des petites salles...
La none (qui ne m'intéresse pas du tout) est resté dans les grandes salles 3 semianes ou un mois, alors que des films tournés (au moins en partie) en IMAX, restent une semaine dans ces salles...
Horaires parfois rédhibitoires pour moi : film ne passant qu'à 22h ! Il y a longtemps que je ne vais plus dans les "zones commerciales" à 1h du matin !
Chez moi : projection SONY, Dolby Atmos, évidement ce n'est pas le Kinopanorama, mais avec certains blu-rays récents, ce n'est pas si mal et moins cher qu'une séance à 25 km (essence+parking)...